Se rendre à destination

18 novembre, 19h10, l’embarquement sur le vol TS116 à destination de Paris. L’avion est plein de voyageurs comme moi qui s’envolent vers Paris. Comme destination finale ou comme une escale vers d’autres destinations. La mienne, Venise. Ville qui attire les gens par million, chaque année. Ville qui résiste au temps, à l’usure et à toute les prédictions sur son éventuelle disparition sous les eaux. Venise, que j’ai visité, arpenté, apprécié pendant 4 jours en 1986. Une ville qui je l’espère, ne me décevra pas. 

Tout juste sortis de la pandémie on constate que les gens ont encore plus le goût de s’évader, de sortir du pays,  comme une super réaction à temps de privation pendant deux ans. À la fois des jeunes, iPhone implantés dans la main et des nouveaux retraités, eux aussi avec leur téléphone qui devient un prolongement de l’humain en attendant une prochaine invention qui éliminera cet objet physique dans notre quotidien. Je m’égare un peu du sujet. Avec tous les problèmes que les voyageurs ont connu l’hiver dernier avec les bagages perdus ou ceux que l’on retrouve au retour des vacances, j’avais un appréhension de mettre des objets et du linge dans un contenant qui, selon toutes vraisemblance pourrait disparaître à jamais. Bon, je me dit que je suis une personne chanceuse. Le fait de prendre des assurances, pourrait-il faire baisser mon taux de «chance» dans la vie ?

Self-service en 2022
Première étape à l’aéroport, on doit enregistrer notre bagage de soute soi-même puisque faute d’employés les compagnies nous font faire tout le travail : générer l’étiquette via un guichet automatique, l’installer de la bonne manière en enlevant les deux lanières de papier, ne pas oublier de coller le petit autocollant des coordonnées du bagage sur la carte d’embarquement au cas où on perdrait ce dit bagage... Quel stress ! Ensuite «scanner» l’étiquette à bagage puis le code barre de la carte d’embarquement. Tout est beau ? il faut attendre que la machine nous confirmes que nous avons réussi à tout faire ça sans trop de d’erreur. 

Rappelons l’époque ou l’employé de la compagnie aérienne prenait en charge toutes ces étapes de manière professionnelle et maîtrisée. Nous avions l’impression que tout était en contrôle et que nos bagages étaient précieux. C’est terminé cette époque les amis! Nos bagages sont comme des gros sacs de rebuts qu’on balance de tout côté et, s’il arrive quelque chose, on aura droit à un montant en argent pour compenser la perte. Finalement personne ne veux plus se rendre responsable. 

On regarde la valise partir sur le tapis en se croisant les doigts qu’elle fera le voyage en même temps que nous.

L’aéroport de la déception

Partir de Québec pour aller à Paris est une belle expérience. Pas de perte de temps. On se fait reconduire par des amis. C’est simple. Ce qui brise cette histoire c’est d’arriver à l’aéroport de Québec et constater la désolation qui y règne à cause du gigantisme inutile du nouvel agrandissement pour faire plus international. Hauteur de plafond immense, grands espaces vides, recoins non utilisés car mal pensé, matériaux gris pâle et gris moyen, du mobilier plus ou moins bien intégré, presque personne, les comptoirs de compagnies aériennes déserts ou fermés, bref une opération totalement manquée. Je dis ça, car la version de l’aéroport avant l’agrandissement était conçue pour offrir une expérience d’une qualité irréprochable et une convivialité appréciée par beaucoup de voyageurs. Même s’il n’y avait pas beaucoup de monde, les volumes du bâtiment faisaient en sorte qu’on s’y sentait bien. Je le mentionne, car je vous raconte un peu plus loin la découverte du Terminal 2G de l’Aéroport Charles de Gaulle.

Image de marque qui dégage assurance et qualité.

Allo ! Y-a-t-il quelqu’un ? Je pars en voyage, ça devrait être excitant...



Le vol avec Air Transat était excellent. L’avion est au maximum de sa capacité. Le personnel avait fort à faire car l’heure du repas concordait avec la période ou on anticipait la traversée de turbulences. Je remarque que les sièges et l’éclairage de l’Airbus A330 ont été étudiés pour moduler l’ambiance de la cabine selon les étapes du voyage. Que ce soit le décollage, la période du service ou le mode nuit, l’intensité et la coloration sont ajustées pour offrir une expérience misant sur notre confort.

J’ai remarqué aussi la puissance des 2 moteurs Rolls Royce Trent 772B au décollage et qui permettent de s’envoler et quitter le tarmac plus rapidement. Le bruit de ces engins est aussi plus confortable.

L’ergonomie des sièges est soignée. Cuir italien, écran tactile.
Même le loquet de la tablette en aluminium poli émet un joli son de clic
lorsqu’on le met en position fermée. Cette attention au détail est à souligner.


L’arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle au lever de soleil est inspirante comparée à de la pluie ou de la neige. Je récupère ma valise au carrousel sans problème et je dois me déplacer jusqu’au Terminal 2G qui est, sans surprise, le plus loin de mon point d’arrivée. Je suis habitué, chaque fois où je fais un voyage, c’est toujours la dernière porte du dernier terminal où je dois me rendre pour effectuer une connexion un vol de correspondance. Heureusement, le parcours à pied avec deux valises et sac à dos n’est pas long et l’accès à la navette nous permet de faire cette distance sans trop d’effort. 



Le Terminal 2G
Arrivé au 2G qui est un terminal dédié aux vols à l’intérieur de l’Europe, je me demande si ce n’est pas un trop petit terminal avec peu de services. Je dois tout de même passer 8 heures en attendant le prochain vol. Dès que je franchis les contrôles de sécurité, je prends l’escalier roulant et là, c’est la découverte d’un lieu tout à fait surprenant. Décor feutré, sculpture moderne, mobilier sur mesure qui permet de s’étendre, voire dormir, éclairages conçus spécialement pour l’endroit, des zones délimitées permettant de scinder l’espace et ainsi éviter l’effet de hangar. Des prises de courant partout, de la moquette sur 70% de la surface, des matériaux sophistiqués, un restaurant-café avec aliments naturels santé et des tables pour s’installer confortablement pour de longues périodes. Ce temps d’attente qui devait rendre mon déplacement pénible s’est transformé en un moment agréable. Tellement que j’aurais passé plus de temps à observer les voyageurs entrer et sortir dans un ballet orchestré selon l’horaire des départs affiché sur les écrans. Mon vol pour Venise est à l’heure et on procède à l’embarquement. Cet avion affiche complet. Beaucoup de Français se déplacent pour un week-end à Venise. Je constate que cette destination n’a pas perdu de sa superbe.

Architecture au look résolument rétro pour l’escalier roulant qui mène à l’étage

Juste avant de prendre l’avion.


Exemple d’éclairage fait sur mesure pour le lieu.

Table rappelant les tables de jeux d’échecs où les minuteurs deviennent les stations de recharge

L’ambiance est créée par l’éclectisme du mobilier et la présence des voyageurs.

Les chariots de services dans les avions deviennent contenants pour rebuts et recyclage.

Hauteur de plafond juste parfaite.

Une fontaine qui rappelle celles que l’on retrouve dans les grands jardins parisiens.

Vous pouvez constater le travail accompli par les designers de ce lieu à: https://www.milkdecoration.com/dorothee-meilichzon-signe-le-terminal-2g-de-roissy/

On y est

L’approche de Venise en avion se fait dans un coucher de soleil qui, combiné à la configuration des nuages, nous plonge dans un univers coloré digne de cette ville. Le ciel s’enflamme pour laisser place à la noirceur. De cette noirceur émerge le contour des îles de Venise. Cette ville n’est pas vraiment lumineuse dans la nuit. Seuls les contours apparaissent au loin, ajoutant ainsi à l’aspect mystérieux de cette ville. Arrivée à l’aéroport Marco Polo, la récupération du bagage de soute est devenue stressante lorsque le carrousel s’est arrêté après avoir expurgé une quantité de valises de ces entrailles, s’arrête brusquement. Heureusement, voyant que nous étions une vingtaine de personnes au regard dubitatif, je me suis dit que nos bagages finiraient bien par émerger. Effectivement, la machine repart et l’apparition de ma valise me comble de bonheur.



Achat d’un billet pour le bus express qui nous amène à Piazzolla Roma d’où je prendrai le vaporetto en direction de Fondamente Nuove. Puisque j’aurai à prendre plusieurs fois ce type de transport pendant mon séjour, je me procure la carte Venezia Unica pour résident au montant de 100 € qui permet d’acheter des billets à 1,40 € au lieu de 9,5 €. 


Ma carte et une première série de billets en main, je me dirige vers le pont en faisant la première erreur du débutant en choisissant le parcours 4.1 au lieu du 4.2. Me voilà parti pour faire le grand tour de Venise. Bon, autant profiter du moment. Finalement, mon excursion trop longue devient une occasion de découvrir la ville de nuit. Surtout l’est de l’île qui devient très sombre par l’absence d’habitation. Il se dégage une ambiance magique et mystérieuse. Découverte d’ouvertures dans la trame de dédales de canaux d’où émergent des embarcations de différents gabarits pilotés par des Vénitiens qui maîtrisent de toute évidence les codes de la conduite de la navigation de nuit dans ce lieu improbable et unique.

Comme dans tous les transports en commun sur la planète,
tout le monde à les yeux rivés sur leur écran.

Les derniers passagers partis, je reste seul avec le capitaine et le matelot pour les dernières stations.

Terminus tout le monde descend

Descente au terminal de Fondamente Nuove où je n’ai qu’à faire un trajet de 8 minutes à pied sans escalier et me voilà arrivé au 5398 Sotoporto di magazen dans le quartier Cannaregio. Je texte Marco qui descend m’ouvrir l’immense porte de l’immeuble. Jeune, courtois et avenant, Marco m’indique comment utiliser les trois serrures pour ouvrir l’accès à mon studio situé à droite en entrant. Surprise, une belle chaleur réconfortante se fait sentir en mettant le pied à l’intérieur. Comme sur les photos et je dirais en mieux. Après quelques directives, laissant mes valises, je ressors pour aller trouver à manger dans un petit resto de l’autre côté de la rue.À l’intérieur du Il Magazen règne une ambiance comme se l’imagine un voyageur qui a fait un long voyage: un comptoir plein de plats de mets tous attirants comme les Italiens excellent à préparer, transformer et présenter des mets simples en appâts pour les clients. Puisque le restaurant affiche complet ce samedi soir, on m’offre de me faire des plats pour emporter. Perfetto ! Je traverse la rue pour revenir au studio avec mon petit trésor: un contorni de légumes du moment marinés (cœur d’artichaut, bettes à cardes, radicchio et cipolini) et un primo piatti de raviolis à la morue séchée et sauce blanche au vin blanc. Tout est chaud et divinement goûteux. Quelle arrivée !

L’entrée de l’immeuble à droite.

Introduction culinaire de haut niveau.

Allez hop, on vide les valises, un bonne douche et au dodo après avoir fait quelques appels à la famille et amis pour les rassurer sur la finalité de ce déplacement dans la Cité des doges que je découvrirai dès dimanche matin.



Commentaires

  1. Tellement merci Louis, j’aime ton écriture, j’aime le sujet! Avec plaisir au prochain. Que la vie te gâte

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  2. Quel plaisir de te lire Louis! Quel récit captivant! Bonne continuation!

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  3. Un récit qui s’annonce enlevant. On a l’impression d’y être. Continue à nous faire rêver de la Dolce Vita à l’italienne. Ciao!

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  4. I am enjoying every word.

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  5. Magnifique! Merci de partager et bonne aventure!

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  6. Fort intéressant de te suivre. Merci pour le partage !

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  7. Tellement une belle aventure Louis. Bon séjour, Maryse B.

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  8. Merveilleuse aventure Louis!!
    Lors des départs de Québec, je ressens la même chose que toi. Le modèle d’avant «l’internationalisation» était parfait pour Québec.
    Il ne faut pas trop arriver à l’avance c’est trop déroutant😉
    Bon début de séjour!!

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  9. Très agréable de te lire…
    Hâte à la suite et tes dessins
    sont magnifiques!

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