La préparation
L’idée de quitter Québec pour aller s’installer à Venise en télétravail pour 12 semaines est attrayante et empreinte de romantisme. Dans la réalité, on ne part pas avec son sac à dos à l’aventure en laissant une entreprise derrière soit et se dire « advienne que pourras ! ». Plusieurs aspects demandent réflexion: le fuseau horaire (+ 6 heures), la perte de contacts réels avec les membres de l’équipe, la gestion et l’administration à distance à travers les différents systèmes informatiques, le logement, l’endroit où s’installer pour travailler et aussi l’éloignement avec la famille.
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| Inventaire des appareils et accessoires permettant d’être connecté et aussi de produire du matériel photo, video et son. |
Le fuseau horaire
Ayant expérimenté un décalage d’une heure lors de plusieurs séjours en télétravail aux Îles de la Madeleine, il est évident que 6 heures de plus vont représenter un défi. Lorsque l’équipe arrive au bureau à 8h30 il sera déjà 14h30 à Venise. Il faut donc que je sois joignable jusqu’à vingt heures et plus pour que l’on puisse interagir par le biais d’appels par messagerie vocale ou vidéo. Les rencontres clients par Zoom à 16h m’amèneront à être au poste jusqu’à 22h. Bon, je me dis que c’est possible avec une discipline déjà acquise. C’est, à mon avis, l’aspect de cette expérience que j’appréhende le plus. Heureusement que dans la durée du séjour, il y a le temps des fêtes où on sera moins en contact direct.
La perte de contact avec l’équipe
Pendant la pandémie, nous avons vite transformé l’interaction quotidienne en présence au bureau en une interaction sporadique via les différents outils de rencontre virtuelle. Les premières semaines, nous étions en mode d’apprentissage dans un contexte de nécessité forcée. Nous avons bien réussi, car tout le monde était dans la même situation. Les clients, les fournisseurs, les partenaires, etc. Lorsque nous avons pu revenir en présentiel, nous avons vite retrouvé une meilleure connivence, une synchronicité opérationnelle qui, dans notre cas, permettait de livrer un produit créatif de qualité certes et dont on pouvait être fiers, car il était réalisé en équipe.
Fin 2020, une autre période de retour à la maison pour tout le monde, suivi d’une reprise en présentiel par petit groupe. Le télétravail s’est donc installé dans notre organisation comme un moyen d’accommoder toutes sortes de situations. Maintenant, nous apprenons à travailler en mode hybride et trouver la meilleure façon de rendre le tout fonctionnel. Le fait d’être le seul de l’équipe en télétravail permanent va forcer les membres de l’équipe à prendre le relais sur beaucoup d’aspects des projets. Est-ce une bonne chose en soi ? Je l’espère.
La gestion de l’entreprise
Occuper le poste de directeur général d’une entreprise comme Parallèle comporte des responsabilités, des défis et aussi une grande satisfaction. Assurer la pérennité de la firme, la crédibilité, la réputation par la qualité du produit et de la prestation par l’équipe, maintenir les finances en bon ordre et en santé, prévoir le renouvellement des équipements, anticiper les besoins futurs en matière d’espaces, maintenir les bonnes relations avec tous les clients et partenaires, participer au développement des affaires, être créatif, enthousiaste et positif, quelle que soit la situation. En tant qu’entrepreneur, ce sont toutes des choses que l’on réalise avec l’implication et la contribution de chacun.e des membres de l’équipe. Le fait de m'éloigner physiquement de Parallèle me fait réfléchir sur la nature de mon implication et comment cet éloignement affectera celle-ci. J’ai tellement confiance dans les capacités des membres de l’équipe de faire rouler la «boîte» que j’ai l’impression que je suis d’un optimisme sans frontière.
Quoi qu’il en soit, j’aurais à continuer à gérer beaucoup de ces aspects, car les redistribuer à l’interne ne ferait que surcharger l’horaire et les responsabilités de certaines personnes.
Le défi est en partie technologique puisque la partie névralgique d’une gestion d’entreprise passe par une suite de plateformes technologiques. Système de comptabilité, CRM pour la gestion des dossiers et facturation, sites web pour les paies, les assurances groupe, etc. En consultant et demandant l’aide de partenaires, j’ai retenu la solution d’effectuer toutes les interventions dans les systèmes en me connectant à distance sur un ordinateur situé chez Parallèle. Ce faisant, j’accède à toutes les plateformes sécurisées par un ordinateur qui a déjà toutes les clés d’accès en mémoire. Sinon, accéder depuis l’Europe à tous ces sites serait des plus compliqué avec tous les paramètres de sécurité qui seraient tous au rouge. Il suffira d’avoir une bonne connexion internet pour que tout fonctionne bien.
Le logement
Dans toute cette aventure, se loger à Venise devient un défi puisque la ville, même au sortir d’une pandémie, affiche un nombre impressionnant de touristes et donc de la demande pour des logements et avec l’offre et la demande, des coûts légèrement supérieurs à d’autres villes. L’organisation Venywhere offre le service de trouver un logement selon les critères de chacun. J’ai donc rempli le formulaire et envoyé le tout pour voir ce qui me sera proposé à prix raisonnable pour un séjour de trois mois. Simultanément, pour ne pas dire en parallèle à cette démarche, j’ai lancé une bouteille à la mer auprès de personnes susceptibles de connaître des gens qui auraient peut-être une chambre, un petit appartement ou autres possibilités de me louer un espace de vie. Beaucoup de gens ont travaillé fort pour faire la chaîne de contact. Entretemps, Venywhere m’envoie une première proposition qui à ma surprise était conforme à tous les critères que j’avais énoncés. Wow, la visite 360 virtuelle me permet de voir tous les recoins de et appartement de bon goût, au premier étage, en face d’un giardino, de grandes fenêtres, tout rénové, bref, séduisant. Le prix, 1100 euros donc 1475$ (plus des frais...), quand même, ça demande réflexion. Mais on nous laisse seulement quelques jours pour prendre notre décision. Entretemps, je reçois une suggestion par une de mes connaissances de la possibilité de louer un petit studio au rez-de-chaussée d’un immeuble longeant un canal, dans le quartier Cannaregio. Bien situé, d’allure plus spartiate, une seule fenêtre, mais bien situé: 600 euros (908$) par mois. Un choix déchirant à faire, le confort vs un coût moindre. Allez, j’y vais avec le tout pour le tout et de manière raisonnable, je prends le studio et je réponds négativement à l’organisation pour le bel appartement. Vais-je le regretter ? Peut-être. Mais lorsque viendra le temps de participer à des activités, des sorties ou saisir des opportunités, je pourrai bénéficier d’une marge de manœuvre que je n’aurais pas eue avec un appartement plus luxueux.
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| La table qui sera l’endroit de travail et de création dans les soirées d’hiver ! |
Le lieu de travail
Il y a deux façons d’envisager le télétravail sur place. S’installer dans l’appartement avec un certain confort et sortir à l’extérieur pour voir du monde et profiter de la ville. L’autre solution privilégiée par les travailleurs nomades est de s’installer dans des cafés, des endroits de coworking au gré de l’humeur et des occasions qui se présentent. Tant qu’à aller travailler à Venise, je me disais que ce serait intéressant de pouvoir intégrer une équipe dans un bureau de designers et ainsi partager non seulement un milieu de travail, mais partager la vie de gens avec lesquels j’aurai la chance de côtoyer tous les jours et susciter des échanges intéressants à propos du métier, mais aussi sur d’autres aspects du quotidien des Vénitiens. Au moment d’écrire ces lignes, mes demandes faites auprès de quatre firmes de design n’ont pas donné de réponses positives. Certaines m’ont répondu, d’autres tardent à le faire malgré des courriels de rappel. Une fois sur place, j’aurai peut-être plus de succès. À suivre.






J’aime beaucoup belle expérience..🙋♂️
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